Les Echos du 08/11 | 11:33 | mis à jour à 11:38 | Jean-Claude Lewandowski

« Une demande croissante des entreprises », selon le CNISF

Pour Julien Roitman, président du CNISF, les ingénieurs-managers sont de plus en plus prisés.

Chez les jeunes ingénieurs, il existe aujourd’hui une tendance forte à acquérir deux expertises différentes, relève Julien Roitman, président du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF). Pour eux, cela devient presque naturel. Ils sont très demandeurs – d’autant plus qu’ils savent que les entreprises réclament ce type de profil. La difficulté est d’obtenir que l’encadrement des écoles et des universités avance aussi vite sur ce sujet que les étudiants eux-mêmes. »

Résultat, la majorité des ingénieurs aura bientôt une double formation, dans des domaines complémentaires. « Et ceux qui auront suivi un second cursus radicalement différent du cycle initial seront les plus recherchés. » Dans ce domaine, les ingénieurs-managers seront avantagés. Pour Julien Roitman, l’intérêt d’une double formation est… double : « Ce type de gymnastique mentale donne une ouverture d’esprit, une hauteur de vues, une envergure supplémentaire. Et cela favorise la créativité et l’innovation. »

Initiation à la recherche

Reste que l’objectif n’est pas de transformer tous les ingénieurs en managers. Car la double compétence peut revêtir de multiples formes : ingénieur et design, ingénieur et droit, ingénieur et médecine… Et ce n’est pas tout : l’apprentissage des langues et l’interculturel, par exemple, participent de la même logique. Idem pour la formation à la recherche : « Les jeunes ingénieurs sont de plus en plus encouragés à tâter de la recherche pendant un ou deux ans. Avec l’argument que cette initiation leur servira pendant toute leur carrière. » De même, travailler dans un grand groupe et dans une PME procure une « forme de pluricompétences ». Bref, une grande variété d’expériences peut contribuer à élargir le registre de l’ingénieur.

« Nous essayons aussi de lutter pour la féminisation de la profession, indique Julien Roitman. C’est une question d’éthique, mais aussi une démarche ‘‘intéressée” qui permet de diversifier les profils. L’entreprise fonctionne de façon plus efficace quand il y a une forme d’équilibre entre les genres. »

Un bémol, cependant : « A vouloir tout faire, on finit par ne rien faire de solide, prévient Julien Roitman. Un bon ingénieur a besoin de s’appuyer sur une spécialité. Il lui faut un solide ancrage de compétences et d’expertise dans un domaine. C’est cela qui donne une légitimité professionnelle. »

J.-C. L.

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